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Prix Lipp - Cazes

Par : Philippe Cochinard | Durée : 3min 33sec | Chaîne : Les Evènements de Saint-Germain
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Un anniversaire peut en cacher un autre. Aujourd'hui à midi, Gabriel Matzneff, qui fête ses cinquante ans de vie littéraire, a reçu à la brasserie Lipp, le prix Cazes créé il y a 80 ans. Cette récompense couronne son neuvième roman, La Lettre au capitaine Brunner, publié à La Table Ronde. «Roman allègre», comme il le dit, ayant pour cadre l'Occupation, et où il a voulu exprimer «tout son univers sensible».
Le prix, qui a distingué par le passé des personnalités aussi diverses que Cavanna (pour Les Ritals), Jean-Paul Aron, Gilles Lapouge, Michel Chaillou, notre collaborateur Nicolas d'Estienne d'Orves ou encore Diane de Margerie, est doté d'un montant de 4 000 euros, assorti d'une «table ouverte» plafonnée à 800 euros, durant douze mois. En 2014, le prix avait récompensé, à titre posthume, l'académicien Goncourt Robert Sabatier pour son ouvrage autobiographique Je vous quitte en vous embrassant bien fort (Albin Michel).
Également auteur d'essais et d'un volumineux journal tenu depuis 1953 (treize volumes parus à ce jour), à 79 ans, Gabriel Matzneff regarde son œuvre «comme une mère de famille nombreuse regarde ses enfants. Ils me confirment que j'ai vécu», nous avait-il confié il y a quelques semaines.
Une bonne partie du monde germanopratin s'était réunie pour saluer l'œuvre de cet auteur aussi sulfureux qu'hors pair, qui avait attendu 2013 pour recevoir enfin un grand prix: le Renaudot essai pour Séraphin, c'est la fin! On a ainsi pu croiser Patrick Besson, Christine Jordis et Joël Schmidt (membres du jury), la directrice de la Table Ronde, Alice Déon, le nouvel élu à l'Académie française Marc Lambron, Éric Neuhoff, Jean-Claude Lamy… quelques journalistes, quelques curieux et quelques indésirables, comme à l'accoutumée.
Gageons qu'en se rendant chez Lipp, une table qu'il fréquente de longue date, Gabriel Matzneff aura eu une pensée pour l'établissement mitoyen, l'hôtel Taranne où il vécut à la fin des années 1980 (son journal en atteste), et depuis transformé en hôtel de luxe, sous un autre nom… À moins que «Gab la Rafale» n'eût une pensée pour son prochain séjour en Italie, son autre terre d'élection.

Source : le Figaro.fr